samedi 6 mars 2010

Forte houle

Saint Pierre, son lagon, son eau claire, et les belles vagues bleutées qui s'échouent sur la barrière de corail ; le ciel bleu et la légère bande nuage qui protège les "hauts" du soleil cuisant. La réalité parfois ne ressemble pas à cette jolie carte postale, notamment en période de forte houle comme en témoignent ces images.

Drapeau rouge, mini-vagues et fort courant dans le lagon



La barrière de corail frappée par la houle


La sortie du port. C'est pas le moment d'aller pêcher.



Et pour finir, la cerise sur le gâteau ou plutôt le surfeur sur la vague.

Mais où est Brice ?

jeudi 4 mars 2010

Où sont les phasmes ?

Le phasme est un insecte assez difficile à dénicher car il se fond dans son environnement. Certains ressemblent à des feuilles, d'autres à des brindilles. C'est cette dernière espèce que nous avons observée. Comment avait-il atterri sur notre volet ? On n'en sait rien, mais cela a rendu caduque son camouflage. Apparemment, il avait perdu une patte avant, mais quand nous l'avons pausé dans la végétation, il a avancé un moment puis s'est allongé pour mimer une brindille et presque disparaître.

samedi 20 février 2010

Plus haut, y'a pas !

Après mon tour à Marla, j'ai décidé de tester une balade sympathique : Le Piton des Neiges.
C'est quelques 1 700 m de dénivelé sur une distance d'environ 7 km pour atteindre le toit de l'Océan Indien à 3 071 m d'altitude.
Il y a deux sections vraiment distinctes pour ce parcours : une première grande montée bien raide dans la végétation jusqu'au Col où se trouve le gîte et une seconde montée moins raide et aride jusqu'au sommet.

Le départ a lieu a proximité de Cilaos au lieu dit "Le Bloc" (1 380m). Parti "gran matin", j'arrive sur le parking à 6h30, il y a déjà des voitures. (Il est conseillé pour les randonneurs peu expérimentés de passer une nuit au gîte pour couper l'effort et profiter du lever du soleil au sommet.) Il fait frais ici, c'est saisissant. Quelques minutes d'échauffement, et me voilà parti dans les sous-bois. Le chemin est bien entretenu et des marches y ont été aménagées, stabilisées par les rondins de bois. Mes jambes sont lourdes, et j'ai l'estomac retourné. La tête dans le cirage, j'imagine que le cocktail "café+400 virages+différence de température" a du mal à passer. Je prends mon mal en patience et continue ma grimpette.
En moins d'une heure, j'arrive à la source du Petit Maturin. Dernier point d'eau jusqu'au sommet. La source est captée par un tuyau qui déverse le précieux liquide dans le tronc creusé d'un tamarin. Deux abris sont à dispositions des pèlerins de passage.
Ce n'est qu'au bout de 3 km que je récupère de ma digestion capricieuse. Il était temps. M'étant arrêté plusieurs fois, je me posais la question de l'abandon... Bref, c'est du passé. J'attaque la dernière portion pentue avant le col. La brume envahit le cirque.
L'arrivée au col (2 490 m) est humide. Des nuages, du vent. Je passe devant le gîte et attaque la délicate montée vers le sommet. La pente est moins raide, par contre il n'y a pas un brin d'ombre et je sens sur ma peau l'impact des UV ayant traversé l'épaisse couche de nuages. A n'en pas douté, le Piton des Neiges est un ancien volcan. Le sol est irrégulier, on marche sur les scories à même la roche volcanique.
A mi-chemin, je double un groupe de créoles sympathiques. L'un d'eux s'accroche littéralement à mes basques. Je maintiens donc mon rythme, en le gardant à distance régulière. J'ai le souffle court mais régulier pour éviter l'asphyxie (on est à plus de 2 500 m d'altitude). Je donne le tempo, donc lui le subit. C'est tout à mon avantage. On atteint le dôme sommital du Piton. Plus que quelques centaines de mètres sur un chemin aplani, confortable et surtout moins pentu. J'en profite pour courir et lâcher définitivement mon "adversaire" du jour. Enfin, le sommet. Le ciel est parfois dégagé, il y a du vent amenant les nuages de l'est.
Magnifique. Un paysage époustouflant (malgré quelques nuages). Sous mes pieds, 1800 m de vide. Un sacré plongeon vers Cilaos. A l'horizon, la mer et Montvert (coucou Fanny !) Sud, Nord et Ouest sont bouchés.



Pour me refaire une santé, je m'installe à l'abri du vent là où nous avions dormi avec Fanny lors de notre traversée (de bons souvenirs).


Après une petite demi-heure de pause, il est temps de repartir.



Certaines personnes sont vraiment égoïstes et irrespectueuses.

Ce n'est dès lors plus que de la descente. Facile diront certains. Et pourtant, je me demande si ce n'est pas plus dur que la montée. La descente est vraiment très technique. Les appuis sont difficiles à trouver et à maintenir. Normalement, pour bien descendre, il faut regarder loin devant et anticiper le relief. Ici, l'anticipation est impossible (pour moi), il y a trop d'information à gérer. Donc pour chaque appui il faut adapter sa conduite et réagir rapidement. il me fallait même marcher à de nombreuses reprises pour éviter les chutes. Pour l'anecdote, je voyais plus bas mon compère de la montée avec un de ses collègues. Je n'ai pas pu leur reprendre de la distance qu'ils ont même creusée. Je les rattrape au gîte où ils se sont arrêtés.

Quasiment au même moment, je double un homme et deux femmes. J'ai un pas assez soutenu mais pourtant, au col, je sens leur présence derrière moi. J'attaque la grande descente en courant. Les virages et les marches cassent le rythme, la déclivité casse les cuisses. J'ai l'impression d'être au plus près de mon maximum. Or, j'entends discuter quelques virages au-dessus de moi, le petit groupe doublé précédemment. Je dois réagir. Je relance en sortie de virage, j'accélère sur les portions à peu près lisses. Rien n'y fait, ils sont toujours là. Quelques virages derrière moi. J'entends toujours leur voix. Je suis épuisé, ils parlent. J'ai même la sensation qu'ils reprennent du terrain. Il reste moins de 3 km, il n'est pas question qu'ils me rattrapent. Je donne tout ce que je peux. Encore 2 km. Je m'encourage. Je reste concentré. Je suis une bête traquée. Mais cuisses brûlent, mon cœur s'emballe. Plus qu'un kilomètre. Je me dis qu'ils ne pourront plus me rattraper, que je n'ai plus qu'à dérouler... Loin s'en faut, ils ont accéléré. Auraient-ils géré leur effort depuis le col ? Je dois donc continuer à fond, à bout de souffle. Enfin, j'entre aperçoit les arbres du parking. A moins d'un accident, j'arriverai avant eux. Ca y est, victoire !
Je récupère quelques instants, reprend mon souffle. Combien de temps s'est écoulé avant qu'ils arrivent. Une, deux, trois minutes ? Je ne sais pas trop. Ce que je sais, c'est qu'ils n'ont pas l'air fatigué. Ils ont la cinquantaine passée, bien bronzés, et bien équipés. Un détail qui a toute son importance, chacun a son t-shirt du Grand Raid avec les autocollants des sponsors. Je comprends mieux maintenant...
Pour l'anecdote, le couple est reparti en voiture, tandis que la troisième est partie en footing. J'ai des progrès à faire.

En résumé
Un montée longue est soutenue jusqu'au gîte, avec de beaux points de vue sur Cilaos. La montée finale vers le sommet est moins difficile mais en altitude et le climat incertain. Un couvre-chef est fortement recommandé. Prévoir suffisamment d'eau (pas d'eau à partir du Petit Maturin).
En randonnée, prévoir le double de temps par rapport au mien ;-)

Du départ "Le Bloc" au sommet (approximativement 8 km) via le col : 1h36 + 1h05 = 2h41min.
Du sommet au bloc via le col : 40' + 55' = 1h35min.

Détail de la montée
Bloc (1380m) - PK2 : 45 min
PK2 - Maturin (1950m) : 8 min
Maturin (1950m) - PK3 : 9 min
PK3 - PK5 Col (2490m) : 34 min
PK5 - PK6 : 21 min
PK6 - Sommet (3071m) : 44 min

Merci à mon sponsor ;-)

samedi 13 février 2010

Grimpe en l'air

"Le boug i grimp en lèr pour kass longanis" Pour rappel, les longanis sont de la même famille que les litchis, mais ils sont moins sucrés et moins goûteux. Ils arrivent à maturité beaucoup plus tard que les letchis. En ce moment, les fruits sont mûrs et pour ne pas qu'ils se fendent avec la pluie et le soleil, il faut les ramasser. Ici, on dit "casser". (on casse vraiment des rameaux et après on récolte les fruits qui poussent en grosses grappes). Notre "pié de longanis" est haut. On peut facilement casser les grappes du bas mais en hauteur ("en l'air"), il faut faire appel à quelqu'un ("boug"). D'ailleurs il en profitera pour étêter l'arbre et le manguier.


La mami / Sonia et Papi / Sonia et Jean-Hugo

Un monsieur est arrivé pour couper l'arbre. Short, t-shirt, savates deux doigts et un sabre. Quel z'oreille aurait pu croire que c'était un bucheron ? Il s'approche de l'arbre, pose ses savates, attrape une branche et atteint le somment en deux temps trois mouvements. En haut, il coupe les branches porteuses de fruits, sans rien pour le protéger en cas de chute. Il reviendra plus tard pour les plus grosses branches. Remarque : il est revenu dans la même tenue, en remplaçant son sabre par une tronçonneuse. Et il grimpe aussi bien.

dimanche 7 février 2010

Marla par le Taïbit

C'est décidé, ce dimanche je m'attaque à une portion mythique du Grand Raid, le passage du cirque de Cilaos vers le cirque de Mafate : la montée du Taibit et la descente jusqu'à Marla (le tout en aller-retour.)


Départ 6h30 pour affronter la route aux 400 virages qui amène à Cilaos. En fait, on s'y habitue ; ça passe très bien, même en Micra. Il y a déjà des voitures sur la parking (des gens partis de bonne heure ou qui ont bivouaqué dans Mafate).
Le sentier est tellement bien aménagé qu'on croirait un escalier, ensuite on passe dans des sous-bois pour se retrouver 20 minutes plus tard à la "Cafét" de l'Ilet des Salazes.

Il paraît qu'on peut y déguster de très bonnes tisanes (la "Montante" à l'aller et la "descendante" au retour). L'échauffement terminé, je continue de plus belle et ça grimpe de plus en plus jusqu'à la plaine des fraises. Il faut vraiment les chercher pour repérer les petites fraises des bois (non comestibles). Ce replat permet de trottiner un peu pour récupérer avant d'attaquer une nouvelle montée en lacet jusqu'au col.


La vue est magnifique sur Cilaos.

Pas le temps de tergiverser, après 1h09 de montée, j'attaque la descente. Ouarf ! La descente n'est vraiment pas facile et raide. Heureusement, le spectacle de Marla posée sur son îlet encastré dans Mafate vaut vraiment le détour. Quelques minutes plus tard, me voici dans le village. La première sensation qui me vient est le calme, ensuite je suis touché par la grandeur et le pittoresque du site. J'ai l'impression d'être posé au bout du monde (c'est un peu vrai) et que le temps s'est arrêté. Après cette course, je décide de visiter Marla et de trouver un coin confortable pour me restaurer et récupérer un peu. Marla c'est une trentaine d'habitants qui vit d'élevage d'animaux (beaucoup de prés) et d'élevage de touristes en batterie (chaque habitation est un gîte ?). Je traverse le village parsemé de maisons et j'arrive à un point de vu sur Mafate (Trois roches, Piton Cabri et devant je devine la Plaine aux Sables). Je trouve un coin d'herbe fraiche pour manger quelques barres de céréales et m'allonger le temps de me détendre. Le plein d'énergie refait, mais les jambes encore un peu lourdes, il est temps de repartir. Je profite de la traversée du village pour prendre toutes les pancartes en photo. C'est une jungle de panneaux.

Et maintenant, les choses sérieuses commence : la montée vers le col, une pente à 25% de moyenne. A la cadence "chasseur Alpin", je grimpe. Toutes ces marches sont casse-patte, et il faut faire attention à ne pas toujours attaquer les marches avec la même jambe pour éviter les crampes. Le souffle court, l'allure vive, je ne compte pas ralentir jusqu'au col que j'atteins en une demi-heure. Maintenant, je sais qu'il n'y a que de la descente, j'en profiterai pour reprendre mon souffle. Par contre, c'est un peu douloureux pour les cuisses même si je me sens poussé par une irrésistible sensation de liberté. La descente, de ce côté, est plutôt agréable, surtout sur la fin. Elle permet de reprendre peu à peu contact avec la civilisation. D'abord, la chaleur qui revient, puis le bruit des cascades, puis celui des voitures, et le bruit de la civilisation... Me voici revenu à mon point de départ, satisfait de ma virée et content d'échanger mes chaussures fermées contre de bonnes savates deux doigts.

En résumé :
Rando un poil exigeante et plutôt agréable. Ça monte, puis ça descend, ensuite ça monte, et enfin ça descend...

Départ D242 (1253 m) au Col du Taibit (2081 m) : 1h09

Du Taibit à Marla (1620 m) : 23 minutes
De Marla au col : 31 minutes
Du col à D242 : 45 minutes

Compter le double de temps pour un randonneur classique.