C'est quelques 1 700 m de dénivelé sur une distance d'environ 7 km pour atteindre le toit de l'Océan Indien à 3 071 m d'altitude.
Il y a deux sections vraiment distinctes pour ce parcours : une première grande montée bien raide dans la végétation jusqu'au Col où se trouve le gîte et une seconde montée moins raide et aride jusqu'au sommet.
Le départ a lieu a proximité de Cilaos au lieu dit "Le Bloc" (1 380m). Parti "gran matin", j'arrive sur le parking à 6h30, il y a déjà des voitures. (Il est conseillé pour les randonneurs peu expérimentés de passer une nuit au gîte pour couper l'effort et profiter du lever du soleil au sommet.) Il fait frais ici, c'est saisissant. Quelques minutes d'échauffement, et me voilà parti dans les sous-bois. Le chemin est bien entretenu et des marches y ont été aménagées, stabilisées par les rondins de bois. Mes jambes sont lourdes, et j'ai l'estomac retourné. La tête dans le cirage, j'imagine que le cocktail "café+400 virages+différence de température" a du mal à passer. Je prends mon mal en patience et continue ma grimpette.
En moins d'une heure, j'arrive à la source du Petit Maturin. Dernier point d'eau jusqu'au sommet. La source est captée par un tuyau qui déverse le précieux liquide dans le tronc creusé d'un tamarin. Deux abris sont à dispositions des pèlerins de passage.
Ce n'est qu'au bout de 3 km que je récupère de ma digestion capricieuse. Il était temps. M'étant arrêté plusieurs fois, je me posais la question de l'abandon... Bref, c'est du passé. J'attaque la dernière portion pentue avant le col. La brume envahit le cirque.
L'arrivée au col (2 490 m) est humide. Des nuages, du vent. Je passe devant le gîte et attaque la délicate montée vers le sommet. La pente est moins raide, par contre il n'y a pas un brin d'ombre et je sens sur ma peau l'impact des UV ayant traversé l'épaisse couche de nuages. A n'en pas douté, le Piton des Neiges est un ancien volcan. Le sol est irrégulier, on marche sur les scories à même la roche volcanique.
A mi-chemin, je double un groupe de créoles sympathiques. L'un d'eux s'accroche littéralement à mes basques. Je maintiens donc mon rythme, en le gardant à distance régulière. J'ai le souffle court mais régulier pour éviter l'asphyxie (on est à plus de 2 500 m d'altitude). Je donne le tempo, donc lui le subit. C'est tout à mon avantage.
On atteint le dôme sommital du Piton. Plus que quelques centaines de mètres sur un chemin aplani, confortable et surtout moins pentu. J'en profite pour courir et lâcher définitivement mon "adversaire" du jour. Enfin, le sommet. Le ciel est parfois dégagé, il y a du vent amenant les nuages de l'est.
Magnifique. Un paysage époustouflant (malgré quelques nuages). Sous mes pieds, 1800 m de vide. Un sacré plongeon vers Cilaos. A l'horizon, la mer et Montvert (coucou Fanny !) Sud, Nord et Ouest sont bouchés.
Pour me refaire une santé, je m'installe à l'abri du vent là où nous avions dormi avec Fanny lors de notre traversée (de bons souvenirs).
Ce n'est dès lors plus que de la descente. Facile diront certains. Et pourtant, je me demande si ce n'est pas plus dur que la montée. La descente est vraiment très technique. Les appuis sont difficiles à trouver et à maintenir. Normalement, pour bien descendre, il faut regarder loin devant et anticiper le relief. Ici, l'anticipation est impossible (pour moi), il y a trop d'information à gérer. Donc pour chaque appui il faut adapter sa conduite et réagir rapidement. il me fallait même marcher à de nombreuses reprises pour éviter les chutes. Pour l'anecdote, je voyais plus bas mon compère de la montée avec un de ses collègues. Je n'ai pas pu leur reprendre de la distance qu'ils ont même creusée. Je les rattrape au gîte où ils se sont arrêtés.
Quasiment au même moment, je double un homme et deux femmes. J'ai un pas assez soutenu mais pourtant, au col, je sens leur présence derrière moi. J'attaque la grande descente en courant. Les virages et les marches cassent le rythme, la déclivité casse les cuisses. J'ai l'impression d'être au plus près de mon maximum. Or, j'entends discuter quelques virages au-dessus de moi, le petit groupe doublé précédemment. Je dois réagir. Je relance en sortie de virage, j'accélère sur les portions à peu près lisses. Rien n'y fait, ils sont toujours là. Quelques virages derrière moi. J'entends toujours leur voix. Je suis épuisé, ils parlent. J'ai même la sensation qu'ils reprennent du terrain. Il reste moins de 3 km, il n'est pas question qu'ils me rattrapent. Je donne tout ce que je peux. Encore 2 km. Je m'encourage. Je reste concentré. Je suis une bête traquée. Mais cuisses brûlent, mon cœur s'emballe. Plus qu'un kilomètre. Je me dis qu'ils ne pourront plus me rattraper, que je n'ai plus qu'à dérouler... Loin s'en faut, ils ont accéléré. Auraient-ils géré leur effort depuis le col ? Je dois donc continuer à fond, à bout de souffle. Enfin, j'entre aperçoit les arbres du parking. A moins d'un accident, j'arriverai avant eux. Ca y est, victoire !
Je récupère quelques instants, reprend mon souffle. Combien de temps s'est écoulé avant qu'ils arrivent. Une, deux, trois minutes ? Je ne sais pas trop. Ce que je sais, c'est qu'ils n'ont pas l'air fatigué. Ils ont la cinquantaine passée, bien bronzés, et bien équipés. Un détail qui a toute son importance, chacun a son t-shirt du Grand Raid avec les autocollants des sponsors. Je comprends mieux maintenant...
Pour l'anecdote, le couple est reparti en voiture, tandis que la troisième est partie en footing. J'ai des progrès à faire.
Il y a deux sections vraiment distinctes pour ce parcours : une première grande montée bien raide dans la végétation jusqu'au Col où se trouve le gîte et une seconde montée moins raide et aride jusqu'au sommet.
Ce n'est qu'au bout de 3 km que je récupère de ma digestion capricieuse. Il était temps. M'étant arrêté plusieurs fois, je me posais la question de l'abandon... Bref, c'est du passé. J'attaque la dernière portion pentue avant le col. La brume envahit le cirque.
L'arrivée au col (2 490 m) est humide. Des nuages, du vent. Je passe devant le gîte et attaque la délicate montée vers le sommet. La pente est moins raide, par contre il n'y a pas un brin d'ombre et je sens sur ma peau l'impact des UV ayant traversé l'épaisse couche de nuages. A n'en pas douté, le Piton des Neiges est un ancien volcan. Le sol est irrégulier, on marche sur les scories à même la roche volcanique.
A mi-chemin, je double un groupe de créoles sympathiques. L'un d'eux s'accroche littéralement à mes basques. Je maintiens donc mon rythme, en le gardant à distance régulière. J'ai le souffle court mais régulier pour éviter l'asphyxie (on est à plus de 2 500 m d'altitude). Je donne le tempo, donc lui le subit. C'est tout à mon avantage.
Magnifique. Un paysage époustouflant (malgré quelques nuages). Sous mes pieds, 1800 m de vide. Un sacré plongeon vers Cilaos. A l'horizon, la mer et Montvert (coucou Fanny !) Sud, Nord et Ouest sont bouchés.
Pour me refaire une santé, je m'installe à l'abri du vent là où nous avions dormi avec Fanny lors de notre traversée (de bons souvenirs).
Certaines personnes sont vraiment égoïstes et irrespectueuses.
Ce n'est dès lors plus que de la descente. Facile diront certains. Et pourtant, je me demande si ce n'est pas plus dur que la montée. La descente est vraiment très technique. Les appuis sont difficiles à trouver et à maintenir. Normalement, pour bien descendre, il faut regarder loin devant et anticiper le relief. Ici, l'anticipation est impossible (pour moi), il y a trop d'information à gérer. Donc pour chaque appui il faut adapter sa conduite et réagir rapidement. il me fallait même marcher à de nombreuses reprises pour éviter les chutes. Pour l'anecdote, je voyais plus bas mon compère de la montée avec un de ses collègues. Je n'ai pas pu leur reprendre de la distance qu'ils ont même creusée. Je les rattrape au gîte où ils se sont arrêtés.
Quasiment au même moment, je double un homme et deux femmes. J'ai un pas assez soutenu mais pourtant, au col, je sens leur présence derrière moi. J'attaque la grande descente en courant. Les virages et les marches cassent le rythme, la déclivité casse les cuisses. J'ai l'impression d'être au plus près de mon maximum. Or, j'entends discuter quelques virages au-dessus de moi, le petit groupe doublé précédemment. Je dois réagir. Je relance en sortie de virage, j'accélère sur les portions à peu près lisses. Rien n'y fait, ils sont toujours là. Quelques virages derrière moi. J'entends toujours leur voix. Je suis épuisé, ils parlent. J'ai même la sensation qu'ils reprennent du terrain. Il reste moins de 3 km, il n'est pas question qu'ils me rattrapent. Je donne tout ce que je peux. Encore 2 km. Je m'encourage. Je reste concentré. Je suis une bête traquée. Mais cuisses brûlent, mon cœur s'emballe. Plus qu'un kilomètre. Je me dis qu'ils ne pourront plus me rattraper, que je n'ai plus qu'à dérouler... Loin s'en faut, ils ont accéléré. Auraient-ils géré leur effort depuis le col ? Je dois donc continuer à fond, à bout de souffle. Enfin, j'entre aperçoit les arbres du parking. A moins d'un accident, j'arriverai avant eux. Ca y est, victoire !
Je récupère quelques instants, reprend mon souffle. Combien de temps s'est écoulé avant qu'ils arrivent. Une, deux, trois minutes ? Je ne sais pas trop. Ce que je sais, c'est qu'ils n'ont pas l'air fatigué. Ils ont la cinquantaine passée, bien bronzés, et bien équipés. Un détail qui a toute son importance, chacun a son t-shirt du Grand Raid avec les autocollants des sponsors. Je comprends mieux maintenant...
Pour l'anecdote, le couple est reparti en voiture, tandis que la troisième est partie en footing. J'ai des progrès à faire.
En résumé
Un montée longue est soutenue jusqu'au gîte, avec de beaux points de vue sur Cilaos. La montée finale vers le sommet est moins difficile mais en altitude et le climat incertain. Un couvre-chef est fortement recommandé. Prévoir suffisamment d'eau (pas d'eau à partir du Petit Maturin).
En randonnée, prévoir le double de temps par rapport au mien ;-)
Du départ "Le Bloc" au sommet (approximativement 8 km) via le col : 1h36 + 1h05 = 2h41min.
Du sommet au bloc via le col : 40' + 55' = 1h35min.
Détail de la montée
Bloc (1380m) - PK2 : 45 min
PK2 - Maturin (1950m) : 8 min
Maturin (1950m) - PK3 : 9 min
PK3 - PK5 Col (2490m) : 34 min
PK5 - PK6 : 21 min
PK6 - Sommet (3071m) : 44 min
Merci à mon sponsor ;-)
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