Le Dipavali est une fête nationale en Inde. Elle peut être traduite en français par fête de la lumière. Chaque année, plusieurs villes de l'île célèbre le Dipavali avec des défilés de chars fleuris, danses, village et musique indiennes...
dimanche 30 octobre 2011
samedi 29 octobre 2011
Balade à Grand Etang
Ce samedi, nous allons bat'karé pour découvrir de nouveaux sentiers. Et oui, les parents arrivent bientôt et il faut leur faire découvrir les petits coins et recoins de l'île intense !




Contrairement à d'habitude, le départ de la randonnée se fera tardivement. Les nuages en cette fin de journée s'accrochent aux montagnes mais aujourd'hui c'est repérage et nous ne sommes
vendredi 28 octobre 2011
Diagonale des Fous : Episode 2
L'épisode précédent s'achève à mi-parcours du Grand Raid, à la sortie du gros ravitaillement de Cilaos, et à 20 minutes de la mise hors-course. Le 1707 pourra-t-il respecter les délais jusqu'au bout en marchant ? Quelles difficultés va-t-il affronter ? Son organisme tiendra-t-il le choc ? C'est ce que nous allons voir dans ce dernier épisode.
Passage par le ravitaillement, coca, banane, biscuits, café... et pointage. Je sens que ce repos et les massages m'ont fait du bien. Pour sortir du cirque de Cilaos, on descend jusqu'à la Cascade de Bras Rouge puis on remonte la sévère pente (1,7km / 350 D+) vers le départ du sentier du Taibit où nous attend un petit ravitaillement et surtout des lits de camp où je fais un petit somme le temps que le soleil se lève.
J'ai trouvé cette photo sur le net où on me voit émerger de ma sieste.

C'est parti pour la montée du Taibit. Un col qui terrorise nombre de raideurs, mais qui se franchit facilement si on reste régulier. Il permet de passer du cirque de Cilaos au cirque de Mafate. La descente sur Marla se fait en douceur. Le ravitaillement se fait sur le terrain de jeu de l'école. Je m'assois le temps d'avaler une assiette et je repars, direction Trois Roches, que de la descente.
Pas trop le temps de m'arrêter, il faut monter vers la "Brèche".
Ca se passe plutôt bien, surtout dans les montées, par contre je commence à avoir du mal dans les descentes.
Je ne peux pas aller vite en descente, mes articulations et mes muscles sont fatigués. Je me fais doubler à plusieurs reprises. Peu importe, je rattrape du temps dans les côtes.
Enfin, peu avant d'atteindre la rivière de Deux-Bras, on arrive à la croisée où se rejoignent le parcours du Grand Raid et du Semi-Raid. Désormais, sur le même sentier il y aura des coureurs avec un bracelet jaune au poignet (Grand Raid) et d'autres avec un bleu (Trail de Bourbon). Les bleus qui arrive ici à cette heure-là vise le top 100 de la course, ce qui n'empêche pas d'y aller de leurs encouragements pour les rescapés jaunes.
Sur le bord du sentier, un petit bout de femme encourage, seule, je la reconnais, c'est Marcelle Puy (elle a gagné 5 fois le Grand Raid. Moins de 32h l'an dernier.) On échange quelques mots, et la laisse à ses affaires.
Enfin, la Rivière des Galets, que l'on traverse à plusieurs reprises sur des passages très bien aménagés.
Bénévoles super !
Carri poulet extra.
Massage à 4 mains.
Sieste réparatrice.
Départ, en pleine forme.
La nuit tombe. J'avais imaginé arriver à Dos-d'Ane avant la nuit, mais ce ne sera pas possible. Peu importe.
La traversée du bras de la rivière des Galets s'est faite sans problème, l'organisation ayant tendu une corde en travers du cours d'eau nous permettant de "sauter" plus facilement d'un rocher à l'autre et surtout de passer à sec avant d'attaquer la montée vers Dos-d'Ane.
La montée de Dos-d'Ane, c'est 4,3 km de pente irrégulière pour presque 700 m de dénivelé positif. Après 125 km c'est la bête noire de nombreux raideurs. Mais bon, je la connais par-coeur. Je l'attaque en rythme, en calant ma respiration sur mes pas mais sans jamais m'essouffler. Je sens que je monte vite. Personne ne me double, et je rattrape des bracelets bleus (semi-raid). Au premier tiers de la côte un gars me colle, je le laisse passer et le suis. Nous avons le même rythme. On arrive au passage d'échelle (qui marque presque la moitié de la montée) en 35 minutes environ. Je suis bien concentré dans ma course, pas de douleur, pas de fatigue, je sais que je vais "faire un temps". (Mon chrono de référence est 1h12 à l'entraînement après 20 km. L'an dernier au Trail de Bourbon, je l'ai montée en 1h32.) Nous nous relions avec mon collègue au bracelet bleu, et remontons beaucoup de monde. 1h17. Euphorique, pas une once de fatigue. Mon compagnon de fortune est impressionné. On se félicite mutuellement, s'encourage pour la suite et on repart (lui finira dans les 230 premiers du Trail de Bourbon).
Je ne vois pas Fanny qui devait m'attendre à Dos-d'Ane. Je suis trop en avance sur l'horaire. Elle m'attendra plus bas sur la route. Très content de la voir, je prends quelques réserves mais ne m'attarde pas, tout au plus 5'. Maintenant, il m'attend une très (trop) longue portion de béton. Avant de s'enfoncer dans une forêt peu hospitalière pour descendre dans une ravine et remonter en face (raide, très raide). Ensuite, c'est la descente vers la Possession. Longue descente, ennuyeuse, monotone, sur un sentier dont le seul intérêt est d'avoir une vue panoramique sur Saint Paul et le Port brillants de mille feux.
Arrivé à La Possession, lieu d'un gros ravitaillement, je suis pressé de voir Fanny ma super-assistante.
Je réponds à mes supporters. Même si ça ne se voit pas, ça m'a fait très plaisir d'être encouragé en direct...
Il est temps de repartir de ce bivouac de fortune... merci Fanny pour les quelques massages et le réconfort.
Les métros de Mauguio font le semi-raid, ici à la Possession :
Didier (52° au général, 13° vétéran) et Noëlle (292° au général et 6° vétéran féminine)
Didier (52° au général, 13° vétéran) et Noëlle (292° au général et 6° vétéran féminine)
Après La Possession, c'est l'enfer pavé du Chemin des Anglais qui m'attend. J'ai détesté cette portion l'an dernier. Cette année, j'ai trouvé un compagnon de route (bracelet bleu) à la sortie du ravitaillement. Un métro, je lui ai dit bonjour, il m'a dit le reste. Nous avons longuement discuté, ce qui a fait passer le temps. On s'est séparé à mi-chemin, mais du coup la portion du chemin des Anglais m'a paru beaucoup plus facile que l'an dernier. Par contre, les descentes sont de véritables calvaires, mes pieds et mes jambes y sont trop douloureux. Je serre les dents.
J'arrive à la Grande Chaloupe, où encore je vois Fanny. Je prends quelques boissons, mais ne m'arrête que le temps de les boire.
Grande Chaloupe, un coca dans une main, une soupe de vermicelles dans l'autre....
Il ne me restera plus en partant du ravito qu'une trèèèèèèès longue montée vers le Colorado et enfin la descente sur Saint Denis.
Je sais, malgré la fatigue, que je vais arriver au bout.
Fanny m'encourage une dernière fois, je ne la reverrai pas avant l'arrivée. Et je repars d'un pas décidé.
Ce final me donne des ailes même s'il me reste encore 4h de courses. Je vais à un train d'enfer...
Je rattrape au début de la montée mon camarade de La Possession qui s'accroche à ma foulée tant bien que mal. Au bout d'une heure le terrain est moins difficile et on discute sans baisser notre rythme. On va se soutenir jusqu'au bout, lui dans les descentes et moi dans les montées. Une belle rencontre.
On arrive enfin au Colorado, cinq minutes de pauses, il nous reste une heure de descente raide et technique pour atteindre l'arrivée. J'ai très très mal aux pieds mais notre enthousiasme est tel que nous accélérons au fur et à mesure de la descente se payant même le luxe de parfois courir. Je serre les dents, après tout, on y est. Les 500 derniers mètres pour rejoindre le stade se font sur la route, les gens sont là pour encourager. On court, vite, que du bonheur, nous sommes tout sourire. Je guette pour voir Fanny. On entre sur le stade, plus que 100 mètres et nous sommes arrivés, c'est le sprint final. On termine main dans la main. Très fiers de nos courses et d'en avoir terminé.
54h 51min 24s ... 846°/2500 inscrits, 311° sénior.
On me remet un papier, un t-shirt finisher, une médaille, me félicite... je cherche Fanny... Je ne la trouve pas. Je cherche... Pas de Fanny. Je n'ai pu la prévenir de mon arrivée car je n'avais plus de batterie sur mon portable. Tant pis, je vais manger. Chaque finisher a droit à un repas servi dans le stade.
Enfin, je retrouve Fanny. Elle avait reçu le dernier pointage par sms avec beaucoup de retard, et ayant terminé plus vite que prévu, nous nous sommes loupés. Dommage, mais rien de grave. Le plus important est qu'elle m'ait soutenu tout au long de cette épreuve.
Nous ne nous sommes pas éternisés sur le stade. On a rejoint la voiture. Une fois assis, je me suis endormi au bout d'une quinzaine de mètres.
Autant l'an dernier, j'ai passé les jours suivants la course à manger, autant cette année il me fallait récupérer du manque de sommeil.
Au niveau des petits bobos, rien de particulier à signaler à part quelques ampoules. dès le lendemain, je n'ai eu mal nulle part, pas de courbatures. Par contre mon organisme était un peu affaibli. J'ai repris l'entraînement peu de temps après.
Conclusion : une superbe course. Des paysages extraordinaires. Des bénévoles vraiment sympathiques. Un public chaleureux. La chance d'avoir eu une bonne météo. Bref, à refaire sans hésitation.
Arrivée à Montvert. Dur de sortir de la voiture.
Et voilà, enfin à la maison. Il est temps de prendre une bonne douche et d'aller me coucher.
A bientôt pour de nouvelles aventures...
jeudi 13 octobre 2011
Diagonale des Fous : Episode 1
Avant d'attaquer le récit de ma course, je voudrais particulièrement remercier tout ceux qui m'ont encouragé tout au long de ce périple : la famille Duraton, la famille Bichiques, les merveilles vermeils, Marc, Chrichri, Gilles, Sushila, les bénévoles, les spectateurs le long du parcours et bien évidemment ma moitié : Fanny ma masseuse-ravitailleuse en folie que j'aurais tant aimé avoir à mes côtés du départ à l'arrivée.
22h00... le coup d'envoi est donné, les fous furieux de devant se précipitent sur la route, les autres suivent tant bien que mal dans la bousculade. Derrière c'est beaucoup plus tranquille, à tel point que je franchis la ligne de départ avec (déjà) 2 minutes 40 de retard. Je sors dernier du stade. Sur le bord, Fanny me lance ses derniers encouragements avant Cilaos, et me voilà marchant à vive allure derrière l'immense tapis roulant de coureurs scintillant de mille lampes.
La foule est en liesse, c'est à peine croyable tout ce monde qui nous encourage le long de la route.
Une demie-heure plus tard, plus aucun spectateur... que des concurrents. Ma remontée commence vraiment au milieu des champs de cannes. Ca discute beaucoup, pas pour longtemps. Premier pointage après 2h30 de course, je me ravitaille (banane, coca, biscuits, raisins secs...), enlève les petits cailloux de mes chaussures et je repars.
Une des montées les plus dures du Grand Raid, 1600 m de dénivelé positif en moins de 8 kilomètres. En bas, la moiteur tropicale et en haut le froid des sommets.
Beaucoup d'optimistes sont partis en courant et forment des bouchons tout au long de la montée. Plus ça grimpe, et plus je fais sauter les bouchons : c'est l'effet Champagne...
Arrivé en haut, il fait froid, le thermomètre que j'ai emporté indique 6°C. Heureusement, la force du vent est faible.
La Lune nous offre un spectacle unique, elle s'entoure de plusieurs auréoles colorées ; à peine visible en photo, mais saisissant en vrai. Au ravitaillement, c'est la cohue. Des sauvages bousculent autour des tables pour avoir une boisson chaude, un peu décevant. La tente médicale est pleine, il y a de nombreuses hypothermies... Je prends un verre et repars dans la foulée pour ne pas attraper froid. La suite est plus exposée au vent, et quasiment plate. J'anticipe et revisse mon bonnet et ajoute une épaisseur sous ma veste. Bonne initiative, il fait 3°C au ravitaillement trois étoiles de la Route du Volcan. Le lever du jour est un moment magique.
Une bonne pause de 25 minutes, soupe, biscuits, banane, raisins secs, Dynamalt, café, coca... étirement et réorganisation du sac.
A partir de là, j'ai cette sensation que plus rien ne pourra m'arrêter pour rejoindre le stade de la Redoute. Mon moral est au plus haut et le physique suit.



Le temps magnifique nous permet d'admirer la Plaine des Cafres dégagée de son brouillard. 40km, près de 10h de course, tout va pour le mieux. Parti dernier, j'ai déjà grapillé plus de 500 places en arrivant au Piton Textor (9h48mn de marche).

Au dernier plan, le Piton des Neiges qu'il faudra atteindre en passant par la droite sous les nuages...

Encore un peu de béton, dur, avant d'arriver au ravitaillement de Mare-à-Boue (50 km - 11h45 de marche)
Le ravitaillement est organisé par l'armée, c'est "carré" mais bonne ambiance et trois étoiles pour ce camp. En effet, il y a tout ce qui faut : popote, garnie, lits de camp alignés au cordeau, infirmerie, kiné. Mon estomac tient le choc, je prends de l'énergie, coca, banane, sel, boissons chaudes, soupe, pâtes, et surtout poulet grillé... un vrai régal. Assis sur un lit pliant, les pieds à l'air, je déguste ce délicieux repas.
Il était temps que je me pose, j'ai deux petites ampoules, les pieds talés par les 5 km de béton, et les jambes lourdes. Petite baisse de forme. Je sais que ça finira par passer, je prends donc une pause d'une trentaine de minute avant de repartir mais en traînant les pieds.
La suite est une succession de descentes et de montées jusqu'à Hell-Bourg.
Rappelons qu'ici, il a plu toute la semaine avant le Raid. Conséquence, les chemins sont très boueux, voire trop boueux pour certains. On nous a dit en partant du ravito, que l'organisateur a décidé de nous épargner un sentier très boueux et de nous faire passer par la route... ouf !
C'est donc parti pour une première portion pour aller au col de Bébourg, assez boueuse et glissante sur la fin.
Pas facile de doubler donc en file indienne jusqu'au col où j'en profite pour changer de chaussettes puisqu'il n'y a plus de passage boueux.


Presque 3 heures dans un passage qui nécessite normalement qu'une heure... l'ENFER !! Pas mal d'embouteillages. Se débattre dans la boue demande une dépense d'énergie plus importante, et le mental est mis à rude épreuve. Certains feront demi-tour (abandons), d'autres rejoindrons la route (éliminés), d'autres arriveront hors délai au pointage... pour ma part, miracle j'ai réussi à garder mes pieds au sec. J'arrive à Bélouve, et descend les pieds douloureux sur Hell-Bourg.
Stade de Hell-Bourg, 71 km et 19h de marche. Ravitaillement 3 étoiles, je prends 1h de pause, alimentation, remise en état, sieste de 20 mn. Les délais ont été allongés de 30 minutes en raison des passages boueux. Je repars à 18h10. Je connais la suite sur le bout des pieds, et le terrible Cap Anglais ne m'effraie pas (certains passages à plus de 25%), bien au contraire. Je parcours les 10 km et 1500 m de dénivelés jusqu'au gîte du Piton des Neiges à un bon rythme... personne ne peut me suivre par contre autour de moi c'est la Bérézina. La grande armée de marcheurs n'est plus que l'ombre d'elle-même sous la nuit étoilée. Des éclopés redescendent, d'autres se traînent pour tenter de rejoindre le gîte, d'autres encore s'assoupissent sur le bord du chemin, assis, transis de froid, d'autres se laissent aller à même le sol enroulés dans leur couverture de survie... je ne peux les porter, mais ne manque pas de les soutenir par mes encouragements.
Bonne nouvelle en arrivant au gîte, il y a de la soupe chaude (qui n'était pas prévue). C'est agréable face au froid de la nuit (2500 m d'altitude), surtout que la gentillesse des bénévoles nous réchauffe le coeur. J'ai fait exactement la moitié de ce Grand Raid, il ne me reste plus qu'à descendre vers Cilaos pour un ravitaillement quatre étoiles et surtout le réconfort de Fanny.
Enfin, Cilaos ! Fanny ! Je vais me restaurer cari poulet (à l'autre bout du stade). Fanny m'accompagne pour le repas. Retour à l'entrée, je passe chez le podologue, très sympa, qui me soigne mes ampoules (aïe, ça pique !), et me strappe d'une main de maître ; les bandages tiendront jusqu'à l'arrivée.
Les pieds remis en état, Fanny va s'occuper de mes muscles, et en avant pour une séance de massage... il fait froid, à minuit à Cilaos, le bonnet et la couverture de survie ne sont pas du luxe. Que c'est agréable de se faire masser-étirer, je m'endormirais presque. C'est d'ailleurs ce que je vais faire, direction les tentes de l'armée, perception d'un lit de camp et en avant pour la sieste. Au bout de 30 minutes, on nous réveille pour nous signaler qu'il faut plier bagages, que le poste ferme dans 30 minutes. Après presque 3h de pauses, et 20 minutes avant la mise hors délai, il est temps de dire au revoir à Fanny que je ne reverrai que dans 40 km. Ses massages et le repos m'ont fait le plus grand bien. Il est 3h30 du matin, je pars à l'assaut de Mafate... (à suivre dans le second épisode)
Jeudi 21h... je vais faire enregistrer mon dossard et vérifier mon sac. Il va falloir maintenant patienter jusqu'au coup d'envoi avec les 2300 fous qui comptent en découdre avec cette Diagonale.
Des stars : moi, et avec la casquette verte Thierry Chambry (vainqueur 2007, "que" 23ème cette année)...
21h55... je suis derrière le peloton, avec des Rastamen, et d'autres marcheurs qui savent comme moi que pour aller loin, il vaut mieux ménager sa monture.22h00... le coup d'envoi est donné, les fous furieux de devant se précipitent sur la route, les autres suivent tant bien que mal dans la bousculade. Derrière c'est beaucoup plus tranquille, à tel point que je franchis la ligne de départ avec (déjà) 2 minutes 40 de retard. Je sors dernier du stade. Sur le bord, Fanny me lance ses derniers encouragements avant Cilaos, et me voilà marchant à vive allure derrière l'immense tapis roulant de coureurs scintillant de mille lampes.
Une demie-heure plus tard, plus aucun spectateur... que des concurrents. Ma remontée commence vraiment au milieu des champs de cannes. Ca discute beaucoup, pas pour longtemps. Premier pointage après 2h30 de course, je me ravitaille (banane, coca, biscuits, raisins secs...), enlève les petits cailloux de mes chaussures et je repars.
Beaucoup d'optimistes sont partis en courant et forment des bouchons tout au long de la montée. Plus ça grimpe, et plus je fais sauter les bouchons : c'est l'effet Champagne...
Arrivé en haut, il fait froid, le thermomètre que j'ai emporté indique 6°C. Heureusement, la force du vent est faible.
Une bonne pause de 25 minutes, soupe, biscuits, banane, raisins secs, Dynamalt, café, coca... étirement et réorganisation du sac.
A partir de là, j'ai cette sensation que plus rien ne pourra m'arrêter pour rejoindre le stade de la Redoute. Mon moral est au plus haut et le physique suit.
Je poursuis ma marche en avant, apprécie la Plaine des Sables, avale les Remparts de Basaltes qui mènent à l'Oratoire Ste Thérèse, et entame la descente vers Piton Textor.
Au dernier plan, le Piton des Neiges qu'il faudra atteindre en passant par la droite sous les nuages...
Encore un peu de béton, dur, avant d'arriver au ravitaillement de Mare-à-Boue (50 km - 11h45 de marche)
La suite est une succession de descentes et de montées jusqu'à Hell-Bourg.
Rappelons qu'ici, il a plu toute la semaine avant le Raid. Conséquence, les chemins sont très boueux, voire trop boueux pour certains. On nous a dit en partant du ravito, que l'organisateur a décidé de nous épargner un sentier très boueux et de nous faire passer par la route... ouf !
C'est donc parti pour une première portion pour aller au col de Bébourg, assez boueuse et glissante sur la fin.
Pas facile de doubler donc en file indienne jusqu'au col où j'en profite pour changer de chaussettes puisqu'il n'y a plus de passage boueux.
Une portion de route au milieu des goyaviers.
Arrivés à l'intersection où nous étions censés continuer par la route (d'après la rumeur) l'aiguilleur nous indique le sentier... c'est la stupeur ! A des coureurs qui s'interrogent, je dis : "Vous allez patauger dans la boue, comme jamais..." Sur ces mots, je m'enfonce dans le sentier, de toute façon, il faut avancer.Presque 3 heures dans un passage qui nécessite normalement qu'une heure... l'ENFER !! Pas mal d'embouteillages. Se débattre dans la boue demande une dépense d'énergie plus importante, et le mental est mis à rude épreuve. Certains feront demi-tour (abandons), d'autres rejoindrons la route (éliminés), d'autres arriveront hors délai au pointage... pour ma part, miracle j'ai réussi à garder mes pieds au sec. J'arrive à Bélouve, et descend les pieds douloureux sur Hell-Bourg.
Stade de Hell-Bourg, 71 km et 19h de marche. Ravitaillement 3 étoiles, je prends 1h de pause, alimentation, remise en état, sieste de 20 mn. Les délais ont été allongés de 30 minutes en raison des passages boueux. Je repars à 18h10. Je connais la suite sur le bout des pieds, et le terrible Cap Anglais ne m'effraie pas (certains passages à plus de 25%), bien au contraire. Je parcours les 10 km et 1500 m de dénivelés jusqu'au gîte du Piton des Neiges à un bon rythme... personne ne peut me suivre par contre autour de moi c'est la Bérézina. La grande armée de marcheurs n'est plus que l'ombre d'elle-même sous la nuit étoilée. Des éclopés redescendent, d'autres se traînent pour tenter de rejoindre le gîte, d'autres encore s'assoupissent sur le bord du chemin, assis, transis de froid, d'autres se laissent aller à même le sol enroulés dans leur couverture de survie... je ne peux les porter, mais ne manque pas de les soutenir par mes encouragements.
Bonne nouvelle en arrivant au gîte, il y a de la soupe chaude (qui n'était pas prévue). C'est agréable face au froid de la nuit (2500 m d'altitude), surtout que la gentillesse des bénévoles nous réchauffe le coeur. J'ai fait exactement la moitié de ce Grand Raid, il ne me reste plus qu'à descendre vers Cilaos pour un ravitaillement quatre étoiles et surtout le réconfort de Fanny.
Enfin, Cilaos ! Fanny ! Je vais me restaurer cari poulet (à l'autre bout du stade). Fanny m'accompagne pour le repas. Retour à l'entrée, je passe chez le podologue, très sympa, qui me soigne mes ampoules (aïe, ça pique !), et me strappe d'une main de maître ; les bandages tiendront jusqu'à l'arrivée.
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